Assemblée publique annuelle 2011 - transcription
Assemblée publique annuelle du Conseil des Arts du Canada de 2011
18 octobre 2011 – de 16 h à 17 h 30
Theatre Junction Grand, Calgary, Alberta
TAMMY SCOTT (animatrice et directrice des Communications, promotion des arts au Conseil des Arts du Canada) : Bonjour à tous. Je suis Tammy Scott, directrice des Communications et de la promotion des arts au Conseil des Arts et je serai votre maîtresse de cérémonie pour la présente assemblée publique annuelle.
J’invite Phil Ponting à la tribune pour vous adresser le mot de bienvenue.
PHILIP PONTING (membre du conseil) : En tant que membre du conseil d’administration du Conseil des Arts résidant à Calgary et fervent promoteur des arts en Alberta, je suis très heureux de vous accueillir à l’assemblée publique annuelle du Conseil des Arts.
Ces deux derniers jours, j’ai eu le plaisir de présenter à mes collègues du conseil d’administration venus de partout au pays certaines des activités artistiques dynamiques et passionnantes qui ont cours dans cette belle province. Hier et aujourd’hui, nous avons pu rencontrer des artistes et des organismes artistiques d’Edmonton et de Calgary et jeudi, nous partirons pour Banff.
C’est avec plaisir que je constate la présence d’un aussi grand nombre de participants à la réunion d’aujourd’hui et j’espère que vous assisterez à la réception qui suivra. Vous aurez alors l’occasion de parler aux membres du conseil d’administration dans une ambiance plus conviviale, de leur poser des questions et de leur faire part de vos idées sur les arts.
Je cède maintenant la parole à Tammy Scott.
TAMMY SCOTT : Avant de commencer, j’aimerais vous parler un instant des vidéos que vous regardiez avant le début de la réunion.
Cette année, nous célébrons le 75e anniversaire des Prix littéraires du Gouverneur général, qui soulignent l’excellence littéraire dans sept catégories et dans les deux langues officielles. Le Conseil des Arts administre ces prix annuels et en annoncera les gagnants en novembre. Pour marquer le 75e anniversaire, nous avons demandé à un certain nombre de Canadiens bien connus de nous parler de l’effet qu’un ouvrage primé a pu avoir dans leur vie. Comme vous pouvez vous en rendre compte, ils sont tous passionnés par les auteurs canadiens et la lecture de leurs oeuvres. Les vidéos sont diffusées sur le site web du Conseil des Arts et sur les sites CBC Books et Zone d’écriture des réseaux CBC et Radio-Canada.
Maintenant, voici quelques règles à respecter pour la bonne marche de la réunion :
- Veuillez fermer vos téléphones cellulaires et téléavertisseurs. Nous voulons nous assurer d’éviter toute sonnerie intempestive pendant la réunion.
- Il vous sera possible de poser des questions au président, au vice-président et au directeur, à la suite de leurs présentations. Veuillez toutefois vous en tenir à une seule question; si le temps le permet, vous pourrez poser une seconde question plus tard au cours de la réunion. Nous vous demandons également d’être brefs afin de permettre aux autres personnes de poser leurs questions.
- Comme cette réunion sera filmée et traduite pour publication sur le web, nous vous invitons à utiliser le microphone lorsque vous poserez une question.
- Après la réunion, les membres du conseil d’administration et les employés du Conseil seront disponibles pour répondre aux questions et en discuter plus à fond. Les personnes plutôt gênées de parler en public pourront donc parler directement aux membres et au personnel du conseil d’administration à la réception qui suivra.
La réunion va débuter par de brèves présentations du président, Joseph Rotman, du vice-président, Simon Brault et du directeur et chef de la direction, Robert Sirman.
Une période de questions suivra et le Conseil en profitera pour répondre à certaines questions reçues par Internet.
La réunion se terminera à 17 h 30. Nous vous invitons à participer à la réception, qui commencera à 18 h, dans le foyer.
Alors, sans plus tarder, permettez-moi de vous présenter le président du Conseil des Arts, Joseph Rotman. M. Rotman a été nommé au Conseil en 2008. Il est actuellement président de Roy-L Capital Corporation, une société d’investissement familiale privée. Sa carrière professionnelle s’est concentrée sur l’établissement d’un certain nombre de sociétés publiques et privées actives dans le négoce du pétrole, la distribution de pétrole, l’exploration pétrolière et gazière, les services bancaires d’investissement, l’immobilier et le capital de risque. M. Rotman a été nommé Officier de l’Ordre du Canada pour son apport aux secteurs de l’éducation, de la culture, de l’économie, de la santé et de la recherche. De nombreux organismes ont profité de son leadership et de son soutien financier généreux, entre autres, la Galerie d’Art de l’Ontario, le Centre de soins gériatriques Baycrest, les IRSC, MaRs, l’Hôpital de Toronto et l’Université de Toronto.
Je vous présente M. Rotman.
JOSEPH L. ROTMAN (président, Conseil des Arts du Canada) : Lorsqu’il est question de la planification, des rapports et des activités du Conseil, soit des trucs vraiment intéressants, le document principal qui décide de l’ensemble de la planification, des rapports et des opérations du Conseil, c’est son plan stratégique. Le plan est en quelque sorte une feuille de route pour la mise en œuvre de notre mandat.
Le plan stratégique du Conseil pour 2011-2016, Resserrer les liens, a été publié en octobre dernier. Son application opérationnelle passe par le processus de planification. Le résumé de ce plan d’entreprise a été publié sur notre site il y a quelques semaines et je vous invite encore une fois à le lire.
Ces documents garantissent l’équilibre entre le besoin de stabilité du milieu artistique et l’engagement continu à favoriser la pertinence et le renouvellement. Nous avons su répondre à des situations et à des tendances émergentes tout en respectant soigneusement notre mandat actuel.
Notre vice-président, Simon Brault, vous parlera dans un moment de quelques-uns des principaux thèmes qui mériteront une attention particulière au cours des cinq prochaines années. J’aimerais d’abord souligner deux des éléments essentiels de notre mandat.
Le premier veut que les personnes et les collectivités présentes au Canada et les gens ailleurs dans le monde profitent directement et indirectement de l’investissement du Canada dans les arts. L’expérience artistique enrichit l’éducation de nos enfants. Elle facilite la compréhension des multiples cultures et régions à l’intérieur de nos frontières et crée un environnement qui favorise une diplomatie plus efficace à l’étranger.
Les arts multiplient les possibilités. Ils permettent de mobiliser le public. Le succès national des journées culturelles nous en offre un bel exemple.
Le second veut que l’énergie créatrice des professionnels des arts alimente le secteur des arts en enrichissant notre qualité de vie. Si cette énergie devait s’envoler, les Canadiens seraient privés d’un élément important d’une société riche et créative. La stimulation et l’encouragement résultant de cette énergie créatrice doivent donc rester au coeur des activités du Conseil.
Sur le plan opérationnel, je tiens à souligner l’excellent rendement du Conseil, tel que pourrait en juger le monde des affaires, où j’ai passé l’essentiel de ma vie, comme l’a souligné Tammy. Et laissez-moi vous assurer que selon les normes du milieu des affaires, le Conseil est bien géré et vient aux premiers rangs en matière d’efficacité et d’efficience aux yeux des gens d’affaires.
En fait, la vérificatrice générale du Canada affirme y avoir constaté les meilleures pratiques, la reddition de compte, la transparence et des rapports conformes. Je me sens privilégié de présider un organisme qui a joué un rôle décisif et efficace dans le développement des arts au Canada et j’ai hâte de voir ce que nous pourrons accomplir au cours des années à venir.
J’invite maintenant Simon à nous parler de la vision du Conseil et du soutien opportun et efficace des arts. Simon Brault.
(applaudissements)
TAMMY SCOTT : Je vais d’abord vous présenter Simon Brault.
Alors, Simon Brault est le vice-président du Conseil et un ardent défenseur des communautés culturelles depuis longtemps; il se décrit lui-même comme un activiste du développement culturel.
Originaire de Montréal, Simon Brault est directeur général de l’École nationale de théâtre du Canada depuis 1997. Avant d’accéder à ce poste, il occupait celui de directeur administratif de l’École de 1992 à 1997 et au cours de ce mandat, il a dirigé le grand projet de restauration et de revitalisation du Monument national.
Membre fondateur de Culture Montréal, M. Brault fut le premier président élu de l’organisation, en 2002. M. Brault est aussi Officier de l’Ordre du Canada. M. Brault, je vous cède la parole.
(applaudissements)
SIMON BRAULT (vice-président) : J’ai raté mon signal, car je parlais à notre président pendant la répétition. Désolé...
Bonjour, Mesdames et Messieurs. Vraiment, c’est un grand plaisir pour moi d’être ici de nouveau. J’ai la chance de venir souvent en Alberta depuis quelques années, pour l’École nationale de théâtre, pour parler de livres ou pour rencontrer des gens. Et cette fois-ci ne fait pas exception. On a eu des rencontres assez formidables depuis notre arrivée. Hier, on était à Edmonton. Et on sent ici, comme dans plusieurs autres régions du Canada, comme dans plusieurs régions du monde, une véritable effervescence qui fait en sorte que les arts et les lettres, les industries culturelles et le patrimoine sont en train de définir, de redéfinir ou de recomposer les environnements dans lesquels vivent les êtres humains, les communautés auxquelles nous appartenons et nos destinées comme êtres humains.
La culture permet de faire le pont entre le local et l’international, entre le spécifique et l’universel. Elle permet d’échanger et de partager en invitant à des dialogues qui sont possibles au-delà des langues, au-delà des différences.
Et dans ce contexte où la culture au XXIe siècle est appelée à jouer un rôle de plus en plus important pour définir les valeurs qui rendent possible la civilisation, le rôle d’une organisation comme le Conseil des arts du Canada apparaît encore plus stratégique et plus irremplaçable, parce que l’unique raison d’être du Conseil des arts est de protéger, de soutenir, d’évaluer, de valoriser et de renforcer la création artistique et les organismes qui la portent.
Avec ses partenaires, entre autres Calgary Arts Development, l’Alberta Foundation for the Arts et le Calgary Arts Council, le Conseil des Arts a pour mission de s’assurer que les artistes du Canada demeurent bien au cœur de la vie culturelle. C’est une priorité essentielle à un moment où les arts revendiquent une place de plus en plus importante dans la vie économique, politique et publique.
Au moment de planifier pour l’avenir, notamment pour la période de planification quinquennale qui a commencé cette année, nous avons jugé que le Conseil devrait tenir le cap en conservant les cinq orientations stratégiques qui ont guidé l’élaboration de ses programmes au cours des dernières années. Parallèlement, et c’est vraiment important, nous avons retenu trois thèmes qui présideront à la mise en œuvre continue de ces orientations stratégiques.
Ces trois thèmes sont la synergie, la technologie et l’engagement public.
Permettez-moi de vous dire quelques mots à propos de chacun. La synergie se rapporte au renforcement de l’écosystème de la communauté artistique. Le secteur des arts, comme tout autre secteur, a ressenti les effets de la récession économique mondiale, qui touchent pratiquement toutes nos sources de revenus et la capacité du Conseil à répondre à la demande est soumise à des contraintes accrues.
Pour remédier à la situation, le Conseil entend favoriser une plus grande synergie au sein de l’infrastructure artistique actuelle afin d’améliorer la durabilité et l’adaptabilité. Nous comptons jouer un rôle plus actif grâce à notre mandat national et à notre vaste réseau, non pas pour imposer quoi que ce soit du haut vers le bas, mais plutôt pour nous assurer de rassembler les gens et de collaborer avec eux dans la communauté artistique, en partageant leurs expériences et leurs idées et en optimisant l’utilisation des ressources en place.
Il s’agit en fait de concevoir des démarches adaptées à l’avenir.
Par ailleurs, la transition vers une société numérique continue d’avoir d’immenses répercussions sur les arts. Chacun des éléments du système où évoluent les arts se trouve radicalement remis en question et transformé. Les technologies évoluent et le rôle des artistes dans l’adaptation et la promotion de ces technologies doit lui aussi évoluer.
Le Conseil verra davantage à ce que le milieu des arts ne soit pas laissé pour compte, mais bien pris en compte à l’ère numérique. Nous allons également mettre à niveau notre propre emploi de la technologie en nous efforçant d’accroître la productivité pour mieux remplir notre mandat.
Le thème de l’engagement public dans les arts et la culture est de plus en plus à l’ordre du jour des gouvernements du monde entier et des divers niveaux de gouvernement, notamment en matière de droits culturels, d’éducation artistique, de vie expressive, de participation citoyenne, de cohésion sociale et de diversité culturelle. Le Conseil s’est engagé à long terme à lier les Canadiens aux arts de diverses façons et il continuera de respecter concrètement la priorité croissante de l’engagement public.
Nous nous appliquerons davantage à alimenter le débat public portant sur les besoins d’expression et les aspirations de l’ensemble des citoyens et nous indiquerons clairement en quoi le travail du Conseil dans le domaine de la pratique artistique professionnelle profite à tous les Canadiens.
Tout en demeurant attentifs aux besoins des pratiques artistiques, nous soulignerons l’apport des arts et des artistes dans la vie quotidienne de chacun et nous trouverons des façons directes et indirectes d’aider les artistes et tous les organismes artistiques à approfondir et étendre leur relation avec le public.
L’art et la culture pavent la voie à l’émancipation individuelle, au développement de nos identités et plus largement, à la civilisation elle-même. Ils ne peuvent certes pas résoudre toutes les difficultés et tous les enjeux, mais leur libre présence est nécessaire pour donner aux humains les moyens d’exprimer aux autres ce qu’ils ressentent et ce dont ils rêvent.
L’accès aux arts et à la culture pour tous est donc un projet de société. Il devrait être revendiqué par les citoyens qui y ont droit ainsi que par les leaders et les organismes de la société civile qui sont aux premières loges du développement local, par exemple dans nos villes.
Mais évidemment, les gouvernements et les conseils des arts, comme le Conseil des arts du Canada, demeurent les premiers responsables de la nécessaire démocratisation des arts.
Le Conseil des Arts a pris un engagement envers les artistes professionnels, les organismes artistiques et la population canadienne, tant pour cette année que pour les décennies à venir.
Je cède maintenant la parole à notre directeur et chef de direction, Robert Sirman. Je vous remercie.
(applaudissements)
TAMMY SCOTT (Tammy Scott, animatrice et directrice des Communications et de la promotion des arts) : Permettez-moi de vous présenter Robert Sirman.
Merci, Monsieur Brault. Le directeur et chef de la direction du Conseil des Arts, Robert Sirman, a été nommé en juin 2006 et reconduit en 2010 pour un second mandat. Après sa maîtrise en sociologie à l’Université de Toronto, M. Sirman a travaillé pendant plus d’une décennie pour le gouvernement de l’Ontario, dont cinq ans au tout premier ministère de la Culture de la province. Puis, en 1980, il s’est joint au Conseil des arts de l’Ontario, où il a agi pendant dix ans à titre de directeur des opérations et de directeur de la recherche et de la planification des politiques.
En 1991, M. Sirman a été nommé directeur administratif de l’École nationale de ballet du Canada. Je vous présente M. Sirman.
(applaudissements)
ROBERT SIRMAN (directeur et chef de la direction du Conseil des Arts du Canada) : Merci, Tammy et bon après-midi à tous. C’est merveilleux d’être ici à Calgary et formidable d’être ici en Alberta. Je m’excuse à l’avance de devoir vous communiquer autant d’informations à ces assemblées publiques annuelles. Cela fait partie du mandat de responsabilisation du Conseil et j’espère que vous pourrez tenir le coup alors que nous tenterons de vous en dire le plus possible sur notre situation actuelle et sur ce qui s’est passé au cours de l’année écoulée.
Comme l’a mentionné Simon, le Conseil entend résolument soutenir le travail des artistes professionnels et des organismes artistiques et souligner leur apport dans la vie des Canadiens.
La valeur et l’incidence de nos investissements vont bien au-delà des oeuvres que nous finançons et le Conseil est bien placé pour mesurer son succès autrement qu’en fonction du volume de ses activités. Il a depuis longtemps pris l’engagement d’habiliter les artistes pour favoriser l’avancement des arts de façon distincte et unique. Le Conseil saisit bien le concept de la reddition de comptes envers les Canadiens et il fait depuis longtemps la promotion de l’équité et la diversité.
Le Conseil a recours à un processus d’évaluation par les pairs et il compte chaque année sur le talent et la vision de centaines de professionnels des arts pour prendre ses décisions de financement. Il propose toute une gamme de programmes et s’en tient au mérite artistique. Fort de ses relations avec d’autres organismes de soutien aux arts à tous les niveaux, le Conseil jouit d’une influence accrue et de ressources supplémentaires.
Compte tenu de notre intérêt à mesurer la valeur du travail du Conseil, j’aimerais vous parler brièvement de l’impact du financement du Conseil. Comme M. Rotman l’a déjà noté, l’an dernier l’aide financière du Conseil a touché plus de 2 000 collectivités, réparties dans tout le Canada.
Le Conseil a soutenu directement plus de 21 000 artistes et organismes artistiques grâce à des subventions, des prix, des bourses et d’autres paiements. Plus de 21 000 artistes et organismes artistiques ont présenté plus de 15 000 demandes, un nombre légèrement inférieur à celui de l’année précédente. Le Conseil a octroyé 6 100 subventions à des artistes et à des organismes artistiques, soit à peu près le même nombre que l’année précédente. Ici, permettez-moi simplement de souligner que 277 subventions, d’une valeur de 9 500 000 $, ont été accordées à des artistes et à des organismes artistiques de l’Alberta.
Environ 17 000 auteurs ont reçu pour leurs œuvres des paiements du Programme de droit de prêt public dans les bibliothèques publiques et 892 d’entre eux ont reçu des paiements en Alberta. Mais les réalisations du Conseil ne se limitent pas aux subventions, aux paiements et aux prix. Les oeuvres qu’il subventionne inspirent des Canadiens de tous les horizons et plusieurs d’entre eux figurent dans le rapport annuel du Conseil, maintenant disponible sur le site web du Conseil.
Nous savons tous que le Conseil vit actuellement une période de contraintes budgétaires. Notre crédit parlementaire annuel de près de 182 000 000 $ est demeuré pratiquement inchangé depuis 2007. Cela correspond à un montant de 5,31 $ pour chaque homme, femme et enfant vivant au Canada, soit à un peu plus de 5 $ par habitant.
Même si nous sommes profondément reconnaissants de ce soutien, en dollars constants, le crédit par habitant s’avère néanmoins inférieur à ce qu’il était il y a 20 ans.
L’an dernier, le Conseil a prévu un budget de 193 000 000 $, incluant le crédit parlementaire, les revenus du fonds de dotation et les autres revenus provenant par exemple de locations de la banque d’œuvres d’art.
Comme quantité d’autres organismes et fondations, le Conseil a vu ses investissements touchés par la volatilité des marchés attribuable à la récession économique mondiale et ses états financiers de l’an dernier font état d’une perte significative dans son portefeuille de placements.
Cependant, si l’on fait abstraction de l’incidence des pertes latentes sur les investissements, le Conseil affiche un excédent d’exploitation de 1 800 000 $, grâce à une gestion prudente des frais administratifs.
C’est l’an dernier que prenait fin le cycle de planification triennal de 2008-2011 et nous sommes en mesure de signaler des progrès réels pour les cinq orientations de notre plan de travail, à savoir :
Renforcer l’engagement du Conseil à l’égard des artistes œuvrant seuls ou en collaboration, car ils constituent le cœur même de la pratique artistique au Canada; accroître l’engagement du Conseil à l’égard des organismes artistiques, afin que ces derniers puissent mieux soutenir les pratiques artistiques partout au pays; accroître le rôle de chef de file du Conseil dans la promotion de l’équité comme priorité essentielle dans la réalisation des aspirations artistiques du Canada; faire des partenariats avec d’autres organismes un élément clé de notre démarche pour réaliser l’avancement de notre mandat; améliorer notre capacité interne à soutenir les arts.
Nous avons accompli des progrès, mais il reste encore beaucoup à faire. C’est d’ailleurs pourquoi, comme le souligne notre vice-président, le Conseil continuera de se consacrer à ces priorités au cours des cinq prochaines années du cycle. C’est-à-dire que nous resterons fidèles à nos cinq orientations principales durant le prochain cycle quinquennal.
Le Conseil offre une expertise nationale unique et investit ses ressources de façon transparente dans la création, la promotion et la diffusion. En moyenne, plus de 700 professionnels des arts de toutes les régions évaluent chaque année les demandes de subventions au nom du Conseil et formulent des recommandations.
Ce nombre inclut environ 300 nouveaux évaluateurs. Autrement dit, environ 40 % des pairs évaluateurs retenus chaque année, n’ont jamais rempli ce rôle auparavant. Leur expérience constitue une valeur collective toute particulière et leur rotation garantit au Conseil un processus décisionnel juste et ouvert. Ils fournissent également au Conseil des informations précieuses sur la collectivité artistique et des commentaires sur nos programmes et services. Cette rétroaction s’est révélée décisive dans la préparation des plans stratégiques passés et présent du Conseil.
J’aimerais maintenant inviter Anne Valois, directrice des disciplines artistiques au Conseil des Arts, à vous parler brièvement de la façon de procéder du Conseil pour garantir l’efficacité constante de la conception et de la prestation des programmes.
Anne, vous voulez bien dire quelques mots?
(applaudissements)
ANNE VALOIS (directrice des Disciplines artistiques au Conseil des Arts du Canada) : Merci Bob.
Comme Bob l’a mentionné, les pairs évaluateurs fournissent une rétroaction exceptionnelle qui favorise un examen constant de l’efficacité du programme. Les pairs évaluateurs nous informent, dans le cadre d’échanges formels et informels, de leur expérience du processus, des délibérations et des résultats. Cette précieuse rétroaction soutient le programme d’examen.
Mais la participation de la collectivité à l’examen du programme ne s’arrête pas là. La communauté a de multiples sources et occasions de participation. Avec, chaque année, plus de 15 000 demandes de subvention et un grand nombre d’artistes qui ne font pas de demande, on constate beaucoup d’interaction entre le Conseil et la collectivité. Il y a donc des milliers d’heures de conversation entre les artistes, les organismes artistiques et le personnel, à tous les niveaux de l’organisation, qui contribuent en outre à améliorer la transparence et la pertinence des programmes.
Vos questions nous amènent constamment à vérifier la clarté des objectifs et des critères d’admissibilité et d’évaluation du programme. Nous avons également instauré au Conseil une fonction plus formelle d’évaluation de programme afin de mieux évaluer l’incidence des programmes au fil du temps; puisque les conditions sur le terrain évoluent, nous devons disposer d’autres moyens de comprendre, au-delà des simples rencontres avec la collectivité.
Par conséquent, les chefs et les agents des services des disciplines artistiques peuvent s’en remettre à toutes ces sources de rétroaction pour proposer des modifications aux programmes actuels. Ils peuvent aussi proposer la consolidation des programmes, comme plusieurs membres de la collectivité ont pu le constater l’an dernier ou encore, présenter de nouvelles initiatives stratégiques ciblées pour le programme.
Les changements proposés sont évalués de diverses façons au sein de la communauté artistique, entre autres, grâce à des groupes de discussion ciblés auprès de personnes directement touchées par les changements proposés et grâce aux comités consultatifs des disciplines artistiques et aux organismes de services aux arts, aussi bien sur le plan national que sur le plan régional.
On tient aussi des pourparlers avec des bailleurs de fonds fédéraux, provinciaux et municipaux et d’autres intervenants. Les évaluations régulières des programmes ont pour objet d’améliorer la clarté des interventions et de s’assurer que les programmes sont pertinents et que le processus de demande gagne en efficacité.
La semaine dernière, ici même à Calgary, certains d’entre vous ont peut-être participé à une séance de travail du Service du théâtre où vous avez proposé des modifications au programme d’exploitation, notamment l’ajout d’un mécanisme de financement, en présumant qu’il n’y aura pas d’augmentation du budget.
Cette proposition reflète les préoccupations des communautés qui, dans un climat d’incertitude, devront néanmoins agir.
Enfin, un processus de demande plus efficace nous permet d’abaisser nos coûts et de réinvestir dans les programmes de subvention. Cette année, par exemple, nous avons fait l’essai des iPads pour remplacer l’impression de livres des jurys. Pour ceux d’entre vous qui ont participé à des jurys, il s’agit d’un changement important qui permet d’éliminer le transport de tous ces livres à Ottawa.
Ce n’est là qu’un bref aperçu de notre façon d’obtenir de la rétroaction afin d’améliorer constamment les programmes et d’en garantir l’efficacité. À vous la parole, Bob.
ROBERT SIRMAN : Merci, Anne. Je voudrais maintenant inviter Michelle Chawla, directrice des initiatives stratégiques et secrétaire générale du Conseil, à nous donner un aperçu de certaines initiatives en matière d’équité au Conseil des Arts.
MICHELLE CHAWLA (directrice des initiatives stratégiques, secrétaire générale, Conseil des Arts) : Merci, Bob.
Le Conseil s’est donc engagé à promouvoir l’équité et à répondre aux aspirations des artistes du Canada. Nous vivons dans un pays de plus en plus diversifié et les artistes canadiens enrichissent notre vie quotidienne grâce à l’expression de leurs talents artistiques variés et inspirés.
Le Conseil s’efforce de soutenir un large éventail d’artistes professionnels et d’organismes artistiques et de répondre à leurs besoins en rendant ses programmes plus accessibles, en améliorant ses connaissances, en reconnaissant la diversité des pratiques artistiques et en veillant à l’équité des processus dans tous les aspects de ses activités.
En 2008, le Conseil a retenu un certain nombre de priorités en matière d’équité et je suis heureuse d’annoncer qu’il y a eu des progrès significatifs. Voici quelques points saillants. En 2009, le Conseil a embauché un agent responsable de la pratique des artistes handicapés afin d’élaborer une stratégie visant à mieux répondre aux artistes sourds ou handicapées. Le document de stratégie, intitulé Stratégie d’accès et d’égalité pour l’avancement des pratiques des artistes handicapés ou sourds, reconnaît les pratiques artistiques riches et dynamiques de ces secteurs ainsi que les obstacles inhérents à la création et à la production artistiques.
La stratégie s’inspire d’une vaste consultation auprès d’artistes sourds et handicapés et propose des définitions, un historique et un contexte. On peut en consulter un résumé sur notre site Web.
Nous avons aussi commandé un document de recherche intitulé Regards sur les artistes handicapés et sourds du Canada, également disponible sur notre site Web, qui donne un aperçu de l’état actuel des pratiques des artistes handicapés du Canada, des tendances actuelles et émergentes, ainsi que des défis et des occasions qui s’offrent à eux. Nous vous invitons à consulter ces documents pour en savoir davantage à ce sujet.
Le Conseil a également étendu son programme de renforcement des capacités, qui vise à augmenter la capacité administrative grâce au développement organisationnel, pour répondre aux besoins des organismes associés à la pratique des artistes handicapés. Pour susciter les demandes, le Conseil vient aussi de lancer sa première production audiovisuelle sous-titrée en langue gestuelle pour expliquer ces programmes.
Une autre initiative importante a trait à l’élaboration d’une stratégie des arts au Nunavut, qui reconnaît le grand nombre d’artistes présents dans le Nord, leur apport artistique salué internationalement et les difficultés qui leur sont propres. Nous cherchons à améliorer l’accès des artistes des communautés nordiques éloignées. Pour commencer, nous avons consulté des bailleurs de fonds et des artistes du Nunavut afin de trouver des moyens de susciter davantage de demandes dans cette région. Le Conseil et le gouvernement du Nunavut ont donc embauché, pour une période donnée, un agent de liaison qui maîtrise l’inuktitut afin d’aider les artistes inuits et les organismes artistiques à maîtriser le processus de demande et afin de recueillir et de partager des idées et des connaissances sur la communauté avec les bailleurs de fonds.
Conformément à la volonté du Conseil d’utiliser les nouvelles technologies, nous avons également lancé deux applications mobiles nous permettant d’étendre notre rayonnement et de nous assurer que les informations sur le programme sont facilement accessibles aux candidats là où ils résident et dans le format de leur choix. Les applications sont présentées en français et en anglais et pour la première fois, une application est offerte en inuktitut pour faciliter l’accès aux artistes du Nord, puisque la majorité des artistes du Nunavut parlent l’inuktitut.
Ainsi, poursuivant son engagement à long terme à parvenir à l’équité, le Conseil continue de consulter les Autochtones et les artistes des diverses cultures et des minorités des langues officielles pour leur fournir un soutien ciblé. Nos diverses interventions, dans l’ensemble des programmes et services, ont pour but de soutenir et de favoriser la riche diversité des pratiques et de s’assurer que les artistes issus des divers groupes démographiques ont davantage de possibilités d’exercer leurs talents artistiques, en favorisant le perfectionnement professionnel, la création, la production et la diffusion.
Après ce bref rappel des progrès réalisés à ce jour par le Conseil au chapitre des priorités en matière d’équité, je cède maintenant la parole à Bob. Je vous remercie.
(applaudissements)
ROBERT SIRMAN : Merci beaucoup, Michelle.
L’une des cinq priorités du Conseil consiste à travailler de concert avec d’autres bailleurs de fonds et organismes afin de mobiliser des ressources supplémentaires et de tire le maximum des initiatives. Notre appartenance à un réseau national d’organismes fédéraux, provinciaux et territoriaux de soutien aux arts appelé Organismes publics de soutien aux arts du Canada (OPSAC) — un bien drôle de nom — nous a permis d’entrevoir un certain nombre de partenariats.
Le Conseil héberge le secrétariat du réseau et communique de façon régulière avec les autres bailleurs de fonds, à chacun des trois ordres de gouvernement. Une des initiatives clés de ce réseau, appelé CADAC (Canadian Arts Data/Données sur les arts au Canada), qui a pour but d’harmoniser le processus de demande des organismes artistiques et d’aider les bailleurs de fonds à rapporter les résultats, a pris de l’ampleur depuis son lancement, il y a deux ans et compte maintenant 1 700 organismes artistiques.
Grâce à cette base de données, nous savons maintenant que chaque dollar investi l’an dernier par le Conseil dans un organisme artistique albertain a rapporté 14 $ de plus. Un autre projet de partenariat propre à l’Alberta, l’Initiative de développement créatif de l’Alberta (ACDI), un partenariat initial de trois ans entre le Conseil, l’Alberta Foundation for the Arts et le Calgary Development Authority, a été prolongée à deux reprises et en est actuellement à sa cinquième et dernière année.
Après avoir dépensé sept millions de dollars dans les quatre premières années, on a ajouté cette année un million de plus au budget. Le partenariat a engendré une augmentation du nombre de demandes et du niveau de financement accordé aux artistes en Alberta.
Nous travaillons également en partenariat avec Patrimoine canadien et d’autres organismes fédéraux, en particulier dans le domaine de l’engagement du public. Comme nous l’avons vu précédemment, la célébration par le Conseil du 75e anniversaire des Prix littéraires du Gouverneur général s’est déroulée en partenariat avec CBC/Radio-Canada et Chapters Indigo, ce qui nous a permis d’atteindre un vaste public et d’amener les Canadiens à réfléchir et à discuter de l’importance de la littérature canadienne dans leur vie et pour l’identité canadienne.
Un autre projet d’engagement du public a pris forme à l’occasion de la célébration du 25e anniversaire du Programme du droit de prêt public. Le personnel du programme s’est joint à la Commission canadienne pour l’UNESCO et les Jeunes Canadiens... pardon, la Fédération canadienne des enseignantes et des enseignants, dans le cadre d’un projet pilote associant la littérature et les arts des médias pour promouvoir l’alphabétisation, la littérature canadienne et l’action sociale dans les écoles.
Dans le rapport annuel, vous trouverez quelques histoires sur l’impact du travail du Conseil. Je vous encourage à prendre le temps d’en apprendre davantage sur des projets passionnants qui se sont déroulés dans tous le pays. Tournés vers l’avenir, le plan stratégique et les plans d’entreprise de 2011-2016 fournissent des détails très clairs sur nos priorités et les deux plans sont affichés sur le Web.
Comme je l’ai mentionné au début, le Conseil peut très bien mettre l’accent sur des objectifs liés à la valeur et à l’incidence de nos investissements : notre engagement à habiliter les artistes, notre sens des responsabilités envers les Canadiens, notre gamme de programmes, notre solide processus d’évaluation par les pairs, notre engagement à reconnaître le mérite des artistes et le mérite artistique et à promouvoir l’équité et la diversité. Tous ces éléments aident le Conseil à poursuivre et à étendre sa mission d’enrichir la vie des Canadiens en favorisant la pratique dynamique des arts, y compris la production et l’expérience de l’art sous toutes ses formes.
Vous avez été très patients. Merci beaucoup.
(applaudissements)
TAMMY SCOTT : Merci, Bob. Nous allons maintenant passer à la partie questions-réponses de la réunion. Si vous avez une question, veuillez lever la main. Nous viendrons à vous avec un microphone à main. Comme nous l’avons dit précédemment, nous voulons simplement nous assurer que vous posiez votre question au micro afin que chacun puisse vous entendre, y compris ceux qui suivent l’assemblée publique annuelle sur notre site Web.
Pour toute question au sujet d’un cas particulier, comme une demande de subvention, nous vous prions de vous adresser en privé à notre personnel, après la réunion. Nous serons heureux de vous répondre personnellement, en respectant la confidentialité de votre dossier.
Je veux juste vous rappeler aussi que s’il y a des membres de l’auditoire d’aujourd’hui qui sont francophones, ils peuvent poser leurs questions en anglais ou en français.
Vous pouvez poser une question d’ordre général en vous adressant à l’un d’entre nous ou à l’un des membres de notre équipe. Si vous n’avez pas l’occasion de poser votre question ou si vous êtes un peu gêné de parler au microphone, rassurez-vous, vous pourrez nous la poser à la réception qui suivra la réunion d’aujourd’hui.
Je vais donc donner le coup d’envoi avec une question affichée aujourd’hui sur notre site. Vous pourrez dès lors commencer à songer aux questions que vous aimeriez poser. D’après la question posée, on semble avoir l’impression, dans la collectivité, que ce sont toujours les mêmes artistes qui touchent chaque année une subvention et qu’il faut appartenir à un cercle très fermé pour obtenir une subvention et on se demande ce que fait le Conseil des Arts pour rendre le financement plus accessible à un plus large éventail d’artistes.
Je vais laisser Bob répondre à cette question.
ROBERT SIRMAN : Ça fonctionne?
TAMMY SCOTT : Oui, ça fonctionne!
ROBERT SIRMAN : Parfait! Je vais me lever pour réactiver ma circulation sanguine... On semble donc croire qu’il existe une sorte de clique d’artistes et que ce sont toujours les mêmes artistes que l’on subventionne d’année en année.
Ma réponse reprendrait sensiblement mes propos antérieurs au sujet des pairs évaluateurs. Chaque année, comme vous le savez, le Conseil des Arts fait appel à plus de 700 artistes comme pairs évaluateurs. Ce sont eux qui évaluent réellement les demandes et qui présentent des recommandations au Conseil. Or, chaque année, 40 % d’entre eux sont nouveaux et n’ont jamais agi auparavant à titre de pairs évaluateurs pour le Conseil des Arts.
Par ailleurs, je tiens à souligner que les personnes qui ont déjà été pairs évaluateurs au sein d’un jury ne peuvent pas remplir à nouveau ce rôle avant 24 mois. Il est donc faux de croire à une clique d’artistes parmi les pairs, les évaluateurs ou les arbitres.
C’est un peu la même chose dans le cas des bénéficiaires des subventions du Conseil des Arts. En effet, je crois que près de 2 300 artistes ont reçu l’an dernier des subventions du Conseil des Arts et je sais pertinemment que 1 100 d’entre eux, soit sensiblement le même pourcentage d’artistes (de 40 à 50 %, environ), n’avaient jusque-là jamais obtenu de financement du Conseil.
On semble aussi penser que les subventions sont réservées aux artistes qui exercent une pratique artistique traditionnelle. Je me dois de souligner, pour faire suite à la présentation de Michelle Chawla sur l’extension de la portée des programmes du Conseil, que nous subventionnons un large éventail d’activités artistiques dans chacune des disciplines. Ainsi en musique, nous avons complètement abandonné l’idée de subventionner un genre de musique donné, comme la musique classique, ou qu’il existe des formes de pratiques musicales inadmissibles.
Ce n’est plus vrai au Conseil des Arts. Nous allons subventionner le hip-hop, le jazz ou la musique rock de la même façon que la musique classique ou toute autre forme de musique contemporaine.
La condition exigée se résume à la valeur artistique, au contrôle artistique. Les artistes doivent réellement contrôler la production de leur propre oeuvre et faire leur marque dans leur genre artistique particulier. J’ai parlé de la musique, mais cela s’applique tout autant aux autres disciplines.
J’imagine donc que je devrais renvoyer la question à celui qui l’a posée, via le Web.
TAMMY SCOTT : Il n’est pas dans la salle.
ROBERT SIRMAN : Oh, il n’est pas dans la salle, mais s’il nous regarde, j’ose espérer qu’il sera un peu plus confiant quant au travail du Conseil et que les résultats des décisions du Conseil ne sont pas aussi prévisibles que la question le laisse entendre.
TAMMY SCOTT : Merci, Bob. Et maintenant, je vais vous demander... Oh, il y a une première question ici.
QUESTION : Bonjour. D’autres organismes qui accordent du financement par le truchement de subventions et de dotations mettent, dans certains cas, un processus d’appel à la disposition d’un organisme que l’on aurait refusé de subventionner. On améliore ainsi la communication et la transparence entre l’organisme et le bailleur de fonds. Cela permet également d’éviter, selon moi, le gaspillage possible des fonds accordés à l’organisme par quelques jurys de pairs pendant certaines années, puis refusés par un nouveau jury de pairs, privant ainsi l’organisme de son soutien financier antérieur et de son investissement.
Aussi, vu les avantages possibles d’un programme d’appel, je me demande si le Conseil des Arts a songé ou pourrait songer à la possibilité qu’un processus d’appel puisse parfois s’avérer utile au Conseil des Arts et aux organismes.
TAMMY SCOTT : À vous la parole, Bob.
ROBERT SIRMAN : Voilà une excellente question qui exige, à mon avis, plusieurs réponses, car elle soulève divers points. Les recommandations ou les décisions des jurys sont essentiellement sans appel à cause de la nature même du processus de jury. Par exemple, s’il y a 100 demandes de financement et que le jury ou le Conseil ne peut en accepter que 20, le jury classe de son mieux les 100 demandes et recommande d’accepter les demandes qui figurent en tête de liste.
Cette démarche intéresse généralement le financement consenti pour des projets ou à des artistes et le Conseil dit, en substance, que ce processus décisionnel demeure sans appel et que le demandeur peut présenter une demande pour un nouveau projet à une date ultérieure. Le fait d’en appeler d’une décision du jury aurait pour effet d’écarter le jury et le processus serait à reprendre au complet.
À moins qu’il ne soit possible de démontrer, exceptionnellement, qu’il y a eu faute dans le processus en soi, par exemple, que le matériel a été perdu, que certaines informations importantes, qui auraient permis d’en arriver à un résultat, n’ont pas été présentées. On se retrouve alors avec un processus d’appel axé sur les faits plutôt que sur le résultat. L’organisme peut nous demander de réexaminer son dossier s’il estime qu’il y a eu défaillance dans le processus.
Cependant, votre exemple d’un organisme subventionné pendant de nombreuses années qui cesse d’être financé à la suite d’une décision d’un jury, s’apparente en fait à un financement de fonctionnement et il est faux de penser qu’un jury va évaluer un programme de fonctionnement et décider, après avoir financé cet organisme pendant huit ans ou dix ans, de ne plus le financer, sans préavis, ni communication, ni consultation préalable avec l’organisme.
Le système ne fonctionne pas ainsi. Si un organisme reçoit un financement de fonctionnement, il est effectivement en relation permanente avec le Bureau de la discipline au Conseil des Arts et il sera prévenu que son financement risque d’être compromis, autrement dit, si une telle situation se présente au Conseil, les agents du Bureau de la discipline peuvent signaler à l’organisme que sa situation pose problème. Et il existe effectivement ce qu’on appelle une politique de préavis équitable si le Conseil juge qu’il n’est plus en mesure de maintenir un financement de fonctionnement.
Si vous avez autre chose à ajouter... c’est à peu près ça? J’espère que cela vous aide. En somme, le processus d’appel du Conseil des Arts vise essentiellement le processus et non le résultat.
TAMMY SCOTT : Bonne question, merci. Je pense qu’il y a une autre question.
QUESTION : Merci beaucoup d’être venus en Alberta et à Calgary. C’est grandement apprécié. Ma question est plutôt d’ordre statistique. Votre financement repose-t-il uniquement sur le mérite ou cherchez-vous à le répartir dans l’ensemble du pays, quitte à négliger un peu le mérite dans certaines régions?
D’où proviennent la plupart de vos demandes? Certaines provinces ou régions sont-elles plus actives que d’autres?
ROBERT SIRMAN : Voilà d’excellentes questions. Au Conseil des Arts, la prise de décision, qui dépend entièrement d’un processus d’évaluation par les pairs, est donc très bien adaptée à la situation et au travail du demandeur, qu’il s’agisse d’une personne ou d’un organisme.
En fait, nous n’affectons pas de sommes sur une base régionale. Ainsi, nous ne déciderons pas arbitrairement d’accorder telle somme à la Colombie-Britannique ou à l’Alberta et telle autre somme à la Saskatchewan. Mais il est vrai que les jurys, les évaluateurs, tiennent compte de la provenance de la demande (d’une région ou d’un endroit en particulier), des circonstances de la pratique artistique à cet endroit et décident ensuite de la façon d’évaluer dans ce contexte la qualité de la demande.
Or, il est également vrai que les jurys évaluent la situation de la pratique des arts à travers le pays et bien d’autres facteurs. Mais dès le départ, il n’est pas question d’accorder un financement régional et nous suivons de très près les décisions prises et la destination de l’argent. Ce suivi et les résultats de cette recherche sont probablement disponibles sur notre site Web. En fait, vous pouvez obtenir des informations sur la répartition du financement en fonction d’une série de critères, y compris la région. Et cela s’inscrit dans le processus de rapport annuel du Conseil des Arts.
Je vous encourage vraiment à y jeter un oeil pour en savoir davantage.
Curieusement, le taux de réussite régional tend à être étonnamment constant. Sans être parfaitement constant d’une région à l’autre, en contexte, il s’avère étonnamment constant, car les gens ne sont pas nécessairement en compétition directe à travers le pays. Dans une région donnée, on se penche sur la manière de favoriser ce qui semble être le meilleur travail ou un rendement vraiment excellent dans le cas d’une personne ou d’un organisme ou encore, une idée intéressante ou une relation (inaudible) avec la collectivité.
Quant au nombre de demandes, on constate certainement une différence entre les diverses régions du pays et il suffit de vérifier pour découvrir où le taux demande est le plus élevé. Mais vous ne serez pas surpris d’apprendre que c’est au Québec que le taux de demande est le plus élevé, pour ce qui est du nombre d’artistes et de demandes reçues. On y constate historiquement une forte demande et sans doute, pour tous les ordres de gouvernement, car vous n’êtes pas sans savoir que la province de Québec joue également un rôle majeur dans la promotion des artistes par l’entremise de programmes de subvention.
Les artistes y trouvent, je pense, une meilleure expérience de succès et un environnement plus normalisé pour présenter une demande. Ils y ont une meilleure idée de ce que recherchent les organismes de soutien et profitent d’une certaine normalisation du processus. Et le nombre de demandes semble y être plus élevé, je dirais même nettement plus élevé que dans certaines autres parties du pays.
TAMMY SCOTT : La question suivante nous viendra de Monsieur, dans la cinquième rangée. Pouvez-vous lui passer le microphone?
QUESTION : Salut. Merci beaucoup. J’ai trouvé intéressant que vous ayez décidé de ne pas vous en tenir au genre musical et je sais que dans beaucoup d’arts de la scène, c’est très varié. Je me demandais s’il est question, dans les arts visuels, d’étendre la portée du soutien au-delà de l’art contemporain, au profit des oeuvres historiques et des choses de ce genre.
TAMMY SCOTT : Je renvoie cette question à Anne.
ANNE VALOIS : Je me sentirais un peu mal à l’aise de me prononcer de façon catégorique au nom du Service des arts visuels, mais je dirais spontanément que les oeuvres contemporaines ont actuellement la cote et je ne pense pas que la situation soit sur le point de changer. Si vous souhaitez en discuter plus à fond, je vous invite à parler avec le chef du service, Doug Sigurdson.
QUESTION : Merci.
TAMMY SCOTT : Question suivante? Pour l’instant, je n’en vois aucune.
QUESTION : Bob, pouvez-vous nous parler de l’ACDI et nous en rappeler la raison d’être? Si le programme prend fin, pourquoi se termine-t-il? Comment cela se passera-t-il?
ROBERT SIRMAN : D’accord. L’ACDI (Alberta Creative Development Initiative). En fait, les demandes des artistes albertains semblaient moins fréquentes que prévu, compte tenu du nombre d’artistes vivant et travaillant en Alberta, où le taux de demande apparaissait inférieur à celui de toute autre région du pays. Même si le taux de réussite n’était pas plus faible qu’ailleurs au pays, le taux de financement réel a fini par être plus faible à cause du faible taux de participation. Le taux de réussite était identique, mais la somme réelle consacrée à la communauté artistique albertaine était moindre. Nous nous sommes donc demandé ce qu’il fallait faire à ce sujet?
Depuis des années, au Conseil des Arts, nous songions à inscrire cet objectif dans nos programmes. Il y a donc eu beaucoup de visites dans les communautés et beaucoup d’efforts investis pour tenter d’amener les artistes à mieux comprendre les programmes offerts, la façon de demander des subventions, etc. Mais après environ deux ans, on n’a pas constaté de différence marquée.
Le Conseil des Arts a donc indiqué à l’Alberta Foundation for the Arts qu’il semblait y avoir un problème structurel, c’est-à-dire quelque chose de plus profond, au-delà du simple fait de savoir si les artistes albertains étaient conscients ou non de l’existence du Conseil des Arts du Canada. Nous avons demandé à l’organisme s’il était prêt à consacrer comme nous un million de dollars par année à un projet spécial afin d’améliorer le succès des artistes albertains et de les encourager à se prévaloir des fonds supplémentaires disponibles et à établir des liens avec l’Alberta Foundation for the Arts, mais aussi avec le Conseil des Arts du Canada, afin de créer une relation servant à leur rappeler les échéances du programme, à leur annoncer les nouveaux programmes offerts, à les tenir au fait, en quelque sorte.
L’Alberta Foundation for the Arts s’est montrée très réceptive et nous a indiqué qu’elle allait trouver s’il le fallait, de nouveaux fonds, des fonds additionnels, pour égaler notre contribution et qu’elle voulait de l’argent nouveau.
Nous avons donc annoncé la mise en place d’un programme de trois ans auquel chaque organisme consacrerait un million de dollars par année, soit un total de deux millions de dollars par année et comme je l’ai mentionné, nous avons continué pendant deux autres années à verser la moitié de cette somme, soit un demi-million de dollars chacun par année.
Nous croyons que ce programme fut un succès, qu’il a vraiment bien fonctionné. Pourquoi? Parce que toutes sortes d’artistes et d’organismes artistiques ont présenté des demandes par l’entremise de l’ACDI, alors qu’ils n’avaient pas fait de demande auprès de l’Alberta Foundation for the Arts, ni du Conseil des Arts du Canada.
On a donc rejoint de nouvelles personnes et elles ont réussi à obtenir du financement. Nous savons que l’argent a été remis aux artistes et que cela leur a permis d’être inscrits sur les listes de diffusion et d’établir des relations avec les deux organismes.
Nous avons déjeuné hier avec des membres de l’Alberta Foundation for the Arts. Ce fut intéressant de les entendre souligner les succès obtenus grâce au programme. Pourquoi le programme prend-il fin? Le programme se termine, car comme beaucoup de programmes conçus comme des projets spéciaux, il tire à sa fin et nous cherchons maintenant à passer d’un programme spécial à des programmes de base de l’AFA et du Conseil des Arts. Nous voulons amener les artistes et les organismes à adopter les programmes réguliers financés par les deux organismes de financement, car l’exercice avait pour but premier d’accroître la capacité des deux parties, soit la communauté artistique et les organismes de soutien, afin de normaliser la relation de financement en Alberta pour qu’elle s’apparente davantage à ce qui se passe ailleurs au pays.
TAMMY SCOTT : Je vous remercie. Je vois Tara se diriger vers la personne suivante. J’aimerais bien que le plancher soit plat, cela nous permettrait de vous passer le micro plus rapidement.
QUESTION : Bon, j’ai encore une question, mais elle n’est pas aussi longue que la dernière. Dans un jury d’évaluation par les pairs, combien y a-t-il de personnes et combien d’entre elles doivent appartenir à la discipline du demandeur ou de l’organisme demandeur?
ROBERT SIRMAN : Anne, vous pourriez peut-être…
ANNE VALOIS : Cela dépend beaucoup de la discipline et des genres à évaluer. Le nombre de personnes peut varier de trois à cinq et comme vous l’avez probablement lu dans la description de tous nos programmes, nous évaluons les genres, mais nous nous efforçons aussi de tenir compte de la région, de la génération, d’un grand nombre de variables différentes avec très peu de gens.
Vous constaterez aussi que s’il y a une masse critique suffisante dans un programme comme celui de la musique, où divers genres présentent une demande, les évaluateurs vont travailler par sous-groupes et formeront des groupes de trois pour évaluer chaque ensemble de demandes. Lorsqu’il y a moins de demandes et une grande diversité, il faut tirer le meilleur parti possible de la composition du jury et s’en remettre parfois à d’autres spécialistes pour faire une évaluation écrite, participer par Skype ou quelque chose du genre.
Nous faisons donc de notre mieux pour avoir la meilleure représentation possible. Dans certains services, nous interrogeons les évaluateurs potentiels pour avoir une idée de leurs connaissances des diverses formes artistiques. Ils peuvent être forts dans une pratique, mais s’être aussi perfectionnés individuellement dans d’autres domaines et avoir été exposés à divers genres. Alors, cela nous aide à compléter le mieux possible les connaissances du panel.
TAMMY SCOTT : Merci. Oui?
QUESTION : J’ai quelques questions. Pour commencer, vous voulez avoir les fonds nécessaires pour faire quoi?
ROBERT SIRMAN : Je vous induirais en erreur si j’omettais de vous dire que nous aimerions faire beaucoup par rapport aux trois priorités, en particulier pour deux des trois priorités du prochain cycle de planification stratégique, c’est-à-dire, l’engagement du public et les nouvelles technologies. Nous pensons que ce sont deux sujets très importants pour... j’essaie d’éviter le mot « croissance »... pour le développement ultérieur et dans un milieu où il n’y a pas beaucoup de croissance financière; nous pensons qu’il y a beaucoup de croissance et d’innovation ou de progrès novateurs possibles pour chacune de ces deux priorités et nous aimerions bien pouvoir intervenir davantage dans les deux cas.
Quant à l’engagement du public, par exemple, vous pouvez imaginer qu’il ne s’agit pas seulement d’aider des organismes et des praticiens à élargir leur public. Il s’agit aussi d’aider les citoyens à profiter d’une meilleure compréhension et d’un meilleur accès à tout ce qui est disponible, quelle que soit l’offre. Les différentes régions étudient plusieurs stratégies dans ces domaines et le Conseil des Arts estime qu’il n’a pas les moyens de les financer sans compromettre d’une certaine façon la stabilité des relations de financement qu’il a déjà établies grâce au travail effectué au cours des cinq dernières décennies.
Et songez aux technologies, à la numérisation... l’ère du numérique est si passionnant et il y a tant de projets qui pourraient accaparer toutes les ressources disponibles. Nous serions ravis de faire avancer les deux priorités.
La question à propos du conseil d’administration...
JOSEPH L. ROTMAN : En deux mots, surveillance et planification. Permettez-moi de vous donner quelques exemples. La surveillance vise à s’assurer que les opérations et les activités de l’organisation respectent des normes éthiques et les valeurs fondamentales de notre mandat et que nous disposons, entre autres, d’un comité de gouvernance pour garantir la présence de structures appropriées. Nous avons aussi un comité de vérification pour nous assurer que les états financiers reflètent fidèlement l’utilisation de l’argent.
Nous approuvons les diverses subventions. La supervision est une responsabilité clé, c’est un moyen de contrôle dont dispose la direction pour s’assurer que l’on se conforme aux rôles définis par le gouvernement et au plan stratégique qui régit la gestion des activités du Conseil pour une période donnée.
La planification correspond à l’autre élément clé qui m’apparaît plus important et dont nous avons déjà parlé à deux reprises en peu de temps et qui représente ce que le conseil d’administration fait le mieux, soit l’élaboration de stratégies et leur application concrète. Comme Bob l’a indiqué, nous avions cinq thèmes dans le plan précédent et nous avons cette année trois thèmes technologiques qui se recoupent. Compte tenu de tout ce que Bob vient de nous dire à propos de la sensibilisation du public, le conseil d’administration voulait vraiment que le Conseil aborde le sujet d’une manière beaucoup plus proactive que par le passé.
ROBERT SIRMAN : Synergie
JOSEPH L. ROTMAN : La synergie dont Bob nous a parlé vise à garantir une utilisation efficace et plus productive de l’argent dont nous disposons.
Est-ce que cela répond à votre question?
QUESTION : Le conseil d’administration n’a donc pas à s’occuper de trouver des ressources?
JOSEPH L. ROTMAN : Ce n’est pas une responsabilité officielle du conseil d’administration. Il pourrait être inopportun de solliciter des organismes chargés de lever des fonds pour ces organismes. Il y a donc un équilibre très fragile à maintenir. Disons que le mot défense est rarement utilisé... Quel terme utilisons-nous ces temps-ci, Bob?
ROBERT SIRMAN : La promotion des arts.
JOSEPH L. ROTMAN : La promotion. Ainsi, nous n’avons pas à travailler à l’extérieur de la collectivité afin de recueillir des fonds pour notre fondation, n’est-ce pas? La dotation est gérée par un comité d’investissement, mais a été financée par des crédits spécifiques du gouvernement et comme nous agissons au nom des autres, nous n’avons donc pas beaucoup de groupes de collecte de fonds pour les organismes artistiques.
Toutefois, le président, le vice-président et les membres du conseil d’administration doivent s’assurer que les membres du Parlement et tous ceux qui ont un mot à dire à propos des crédits accordés aux arts sont conscients des valeurs et de l’apport du Conseil des Arts et de s’assurer qu’on en reconnaît dûment le mérite. C’est là, entre autres, que Simon Brault et sa femme, Louise, accomplissent beaucoup de travail, soit en démocratisant les arts pour qu’ils cessent, comme le monde universitaire, d’être réservés à l’élite et qu’ils s’épanouissent dans l’univers qui leur est propre. Il importe donc que les membres du Parlement, les membres du Cabinet, notre ministre en particulier, ses fonctionnaires, ses sous-ministres et sous-ministres adjoints en soient conscients, tandis que nous, au conseil d’administration, devons veiller à agir correctement, en démontrant que nous tirons le meilleur rendement de l’argent disponible et que ces dépenses permettent d’obtenir des résultats avantageux.
Merci.
TAMMY SCOTT : Bon, j’ai deux micros. Que puis-je faire avec deux micros? Monsieur?
QUESTION : Bob, nous n’avons pas profité des subventions pour les programmes spécialisés d’enregistrement sonore. Quantité de magnifiques enregistrements arborent déjà votre logo. Mais c’est maintenant chose du passé. Il faut y voir.
ROBERT SIRMAN : Simplement pour éclairer les gens qui ignorent ce dont il s’agit, le Conseil formait un partenariat avec le ministère du Patrimoine canadien dans le cadre d’un programme spécial d’enregistrement sonore; le ministère a mis de côté un certain montant de financement qu’il a transféré au Conseil des Arts; le Conseil a ensuite distribué ce montant dans le cadre de l’engagement du ministère envers l’industrie de l’enregistrement; enfin, le ministère a décidé de ne plus passer par le Conseil des Arts pour distribuer ce financement.
Le ministère a récupéré ses fonds, les a mis en commun avec d’autres sources de financement et a proposé un programme enrichi à divers égards; de son côté, le Conseil a quelque peu modifié les critères de ses programmes de musique, permettant aux artistes de trouver du financement pour le Conseil, pour faire des enregistrements. Mais le Conseil n’a plus de programme d’enregistrement spécialisé et j’apprécie beaucoup votre intervention, car la communauté manque ce programme, qui comblait vraiment un créneau maintenant abandonné.
Mais vous savez, le Conseil des Arts n’a pas annulé le programme. C’est simplement la fin d’un partenariat où l’un des partenaires a décidé d’en trouver un autre.
TAMMY SCOTT : Nous pouvons sans doute prendre une dernière brève question. Quelqu’un à une question? Alors, je suppose... Oh, il y une question là-haut, oui.
QUESTION : Je vous remercie. Ma question porte aussi sur l’enregistrement sonore. Aujourd’hui, les grandes maisons de disque du Canada, qu’il s’agisse des distributeurs d’Universal Music ou de Fontana North et même les nouvelles maisons de disques, donnent de moins en moins d’avances et d’argent aux artistes pour leur permettre de travailler sur leurs enregistrements, qu’il s’agisse de pistes sonores, de disques numériques longue durée ou même de vidéos de musique. J’aimerais savoir si le Conseil des Arts est d’avis que de nombreux artistes, producteurs, écrivains, chanteurs ou musiciens, qui jouissent de contrats importants d’enregistrement ou de distribution, se trouvent en quelque sorte exclus du processus de sélection simplement parce qu’ils ont l’appui de grandes entreprises.
TAMMY SCOTT : Je renvoie la question à Anne.
ANNE VALOIS : Je vais répondre à cette question dans un moment, car j’aimerais donner suite au commentaire précédent de Bob, à propos des enregistrements sonores. Certes, nous n’avons pas de programme autonome, mais nous avons modifié notre programme afin d’y inclure l’enregistrement sonore. Le programme sera annoncé très bientôt. On tente également d’y aborder le processus de la production indépendante, de telle sorte qu’on y trouvera quelques modifications intéressantes aux méthodes de travail qui n’étaient pas possibles dans le cadre du partenariat avec le MPC. Je pense que vous allez le trouver plus intéressant.
Et pour répondre à votre question, comme nous poursuivrons notre engagement envers les artistes indépendants, l’indépendance demeure l’élément clé. Si vous vous présentez dans le cadre d’un contrat d’enregistrement, ça devient plus difficile, à moins que vous ne puissiez nous montrer que vous avez le contrôle sur le travail que vous produisez.
Cela ressemble aux relations qui existent au sein du Service des arts médiatiques pour la production cinématographique, car il y a une autre source. Nous essayons d’être un complément.
TAMMY SCOTT : Nous avons reçu d’excellentes questions. Voilà qui conclut la réunion d’aujourd’hui. Comme nous l’avons déjà mentionné, une réception suivra. Nous prenons auparavant une courte pause, mais nous espérons vraiment vous y voir.
Je vais maintenant demander à tous les membres du conseil d’administration et au personnel présent de se lever. Oui, Robin, vous aussi. Vous pouvez constater que tous ont un porte-nom. Vous pouvez leur poser des questions. On a posé beaucoup de bonnes questions, mais vous pouvez en avoir d’autres.
Nous vous invitons vraiment à converser avec tous les gens que vous voyez devant vous aujourd’hui. Alors, merci à ceux qui se sont levés. Vous pouvez maintenant vous rasseoir. J’aimerais conclure en vous rappelant ce que nous a dit M. Ponting, membre de notre conseil à Calgary, au début de la réunion, à propos de la tournée de plusieurs jours que nous allons faire et j’aimerais ajouter que ce fut jusqu’ici un grand privilège de rencontrer les artistes et les organismes artistiques présents à Edmonton et à Calgary, et que j’ai bien hâte de poursuivre ces réunions et de participer, au cours des prochains jours, à des conversations sur la façon dont nous pouvons continuer notre soutien dans ce domaine. On trouve certainement ici un milieu artistique très dynamique.
Je vous remercie tous d’avoir été aussi patients au cours de cette longue réunion et nous espérons que vous pourrez vous joindre à nous à la réception.
ROBERT SIRMAN : Avec les meilleures questions.
TAMMY SCOTT : Et avec les meilleures questions.
(applaudissements)