Lauréats Prix Killam 2010
Madame Ellen Bialystok
Monsieur R. Mark Henkelman
Monsieur Ming Li
Monsieur Arthur McDonald
Monsieur James Tully
Programme Killam
Communiqué : Le Conseil des Arts du Canada dévoile les Prix Killam de 2010
Communiqué : Le Conseil des Arts du Canada décernera les Prix Killam de 2010, d’une valeur de 500 000 $
Le Comité de sélection Killam 2009-10
Madame Ellen Bialystok – Université York – Sciences sociales
Mme Ellen Bialystok, du département de psychologie de l’Université York a transformé notre conception de l’acquisition du langage et de la littératie, notre façon d’enseigner la littératie et notre compréhension des processus cognitifs sur lesquels repose l’apprentissage d’une langue seconde. Chercheuse éminente et de réputation internationale dans le domaine de la langue, du bilinguisme et du développement cognitif, Mme Bialystok a conçu de nouvelles méthodologies pour étudier le rôle des processus cognitifs dans l’apprentissage d’une langue seconde et l’incidence de la connaissance d’une langue seconde sur les processus cognitifs.
Mme Bialystok a été la première à se pencher sur les déficits intellectuels, alors présumés, des enfants bilingues et à découvrir que les enfants – et les adultes – bilingues possèdent de nets avantages par rapport à leurs homologues unilingues dans l’exécution de tâches linguistiques et non linguistiques. Ses recherches actuelles touchant les effets du bilinguisme sur le vieillissement cognitif commencent à révéler l’ampleur des avantages que possèdent également les personnes bilingues à mesure qu’elles avancent en âge.
Outre ses recherches fort citées et estimées sur les incidences cognitives du bilinguisme, les études de Mme Bialystok sur l’acquisition de la littératie et ses travaux sur la sensibilisation métalinguistique lui ont également valu maints éloges de la part de la communauté linguistique internationale. La somme impressionnante de ses travaux a grandement influé sur les théories du traitement du langage et sur les questions pratiques entourant la conception et l’évolution de l’enseignement des langues secondes et étrangères dans le monde.
Parmi les distinctions récentes accordées à Mme Bialystok, mentionnons ses nominations comme membre de la Société royale du Canada et professeure distinguée à l’Université York. En 2001, elle a reçu une bourse de recherche Killam et, plus récemment, on lui a attribué le Prix de distinction du président de l’Université York, en reconnaissance de sa contribution à la recherche. Diplômée de l’Université de Toronto, elle a terminé ses études doctorales en psychologie appliquée en 1976.
Monsieur R. Mark Henkelman – Université de Toronto – Sciences de la santé
Chercheur en imagerie biomédicale de réputation internationale, M. R. Mark Henkelman fait appel aux technologies d’imagerie numérique les plus récentes dans ses recherches sur les maladies humaines. Il s’agit là de la plus récente initiative de ce scientifique canadien, qui fait figure de pionnier dans le domaine de l’imagerie par résonance magnétique (IRM).
Après avoir mis en place le premier appareil d’IRM de l’Ontario Cancer Institute, au début des années 1980, M. Henkelman s’est ensuite intéressé à l’utilisation de la technologie d’imagerie moderne dans le diagnostic du cancer et d’autres maladies humaines, en dirigeant, entre autres, la mise au point de l’IRM en temps réel pour la neurochirurgie. Diplômé de l’Université de Toronto, où il a fait des études supérieures en biophysique médicale, il a aussi obtenu une maîtrise ès sciences en physique théorique à l’Université McMaster, à Hamilton.
Scientifique chevronné et détenteur de la Chaire de recherche du Canada pour les technologies d’imagerie en maladies humaines et les modèles précliniques, M. Henkelman poursuit actuellement l’essentiel de ses recherches au Mouse Imaging Centre de l’Hospital for Sick Children Research Institute, à Toronto. Récipiendaire du prix Robert L. Noble attribué par le National Cancer Institute (2008) et de la médaille d’or de l’International Society of Magnetic Resonance in Medicine (2005), il est également professeur aux départements de biophysique médicale et d’imagerie médicale à l’Université de Toronto et scientifique principal pour la recherche en imagerie au Sunnybrook Health Sciences Centre de Toronto. En 2005, M. Henkelman a été nommé membre de la Société royale du Canada.
Monsieur Ming Li – Université de Waterloo – Génie
M. Ming Li fait partie d’une poignée d’informaticiens de réputation internationale dont les recherches ont eu des répercussions majeures en dehors de leur propre discipline. Il cherche maintenant à trouver de nouvelles applications en informatique, en bio-informatique, en philosophie, en physique et en statistique.
En 2001, M. Li a reçu une bourse de recherche Killam. Il est professeur au David R. Cheriton School of Computer Science, à l’Université de Waterloo et ses travaux innovateurs dans les domaines de l’informatique et de la bio-informatique ont déjà dépassé de beaucoup le stade de l’examen théorique et explorent de nouvelles et captivantes façons d’étudier la séquence, la structure et la fonction des cellules vivantes.
En collaboration avec Paul Vitanyi, M. Li a écrit un livre sur la « complexité de Kolmogorov », qui mesure la quantité d’information nécessaire pour décrire un objet. En 1997, l’ouvrage de M. Li intitulé Introduction to Kolmogorov Complexity and its Applications portait sur la théorie moderne dominante en matière de hasard et d’information, et proposait la méthode d’incompressibilité pour l’analyse des algorithmes utilisés dans les programmes informatiques.
En plus de ses nombreuses autres fonctions, M. Li préside la Chaire de recherche du Canada en bio-informatique, à l’Université de Waterloo et il est actuellement corédacteur en chef du Journal of Bioinformatics and Computational Biology. Ming Li a obtenu son doctorat en informatique de l’Université Cornell, aux États-Unis, avant de compléter un stage de recherche postdoctorale à l’Université Harvard. Professeur à l’Université de Waterloo, il est aussi membre de la Société royale du Canada.
Monsieur Arthur McDonald – Université Queen’s – Sciences naturelles
Les réalisations de M. Arthur McDonald dans le domaine de la physique nucléaire et corpusculaire s’étendent sur plus de quatre décennies. Au cours des 20 dernières années, il a été le chef scientifique et opérationnel du projet du Sudbury Neutrino Observatory (SNO), une expérience majeure qui a révolutionné la somme des connaissances acquises sur les propriétés des neutrinos et la production d’énergie dans le noyau solaire.
Financé par un groupe d’organismes internationaux, dont le National Research Council, le Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie du Canada, la Province de l’Ontario, le Department of Energy des États-Unis et le Particle Physics and Astronomy Research Council du Royaume-Uni, et grâce à des partenariats public-privé avec Énergie atomique du Canada limitée et Vale-INCO, le projet a permis au Canada de jouer un rôle prépondérant sur le plan international en matière de physique des neutrinos et d’astrophysique.
À titre de directeur de projet du SNO, M. McDonald a guidé la vaste collaboration internationale qui a permis d’en analyser et d’en présenter les résultats scientifiques. Ces résultats permettent d’orienter les études théoriques portant sur l’inclusion des neutrinos dans le Modèle standard des particules élémentaires et favorisent la tenue d’expériences au nouveau SNOLAB, qui visent à mieux comprendre les propriétés des neutrinos et leurs effets aux premiers moments de l’univers.
M. McDonald est actuellement détenteur de la Chaire d’astrophysique des particules Gordon et Patricia Gray à l’Université Queen’s, à Kingston, en Ontario. Parmi les nombreuses distinctions qu’il a reçues, mentionnons une bourse de recherche Killam, en 1998, la médaille Benjamin Franklin en physique, en 2008, le prix Tom W. Bonner de l’American Physical Society et la Médaille pour contributions exceptionnelles de carrière de l’Association canadienne des physiciens et physiciennes. Membre de la Société royale du Canada, du Royaume-Uni et du Commonwealth, il est titulaire d’un baccalauréat ès sciences et d’une maîtrise en physique de l’Université Dalhousie, à Halifax, et d’un doctorat du California Institute of Technology.
Monsieur James Tully – Université de Victoria – Lettres et sciences humaines

M. James Tully compte parmi les théoriciens politiques les plus en vue de notre époque et son apport substantiel à la recherche scientifique est à la fois éclairant et influent.
Dans A Discourse on Property: John Locke and his Adversaries (1982) et Locke in Contexts (1992), M. Tully a proposé une interprétation nouvelle et marquante de la pensée du philosophe anglais John Locke, qui a permis de réviser les idées reçues et de le faire consacrer éminent spécialiste de Locke. Ses ouvrages sur la théorie constitutionnelle, à notre époque de pluralisme culturel et juridique, en particulier Strange Multiplicity (1995), ont dominé le débat politique et ont été traduits en français, en chinois, en coréen et en japonais. Il a appliqué sa vision d’un constitutionnalisme démocratique pluraliste à la question de la présence du Québec au sein du Canada et il a explicité une éthique de reconnaissance et de réconciliation avec les peuples autochtones du Canada.
Sa plus récente publication, Public Philosophy in a New Key (2008), a suscité la tenue de nombreux ateliers et groupes spéciaux, notamment pour l’American Political Science Association et l’Institut Universitaire Européen. Ses travaux actuels portent sur un type nouveau de philosophie publique qui permet de faire le lien entre l’enseignement et la recherche universitaire sur les problèmes locaux et mondiaux, et une approche créative, coopérative et non violente des citoyens qui ont à faire face à ces problèmes sur place.
Membre de la Société royale du Canada depuis 2000, M. Tully a obtenu un doctorat en histoire de la philosophie politique à l’Université de Cambridge, en Angleterre, trois ans seulement après avoir reçu un baccalauréat ès arts à l’Université de la Colombie-Britannique. Il est professeur de sciences politiques, de droit, de gouvernance autochtone et de philosophie à l’Université de Victoria.